Ouvert d’une seule main, le balisong (ou couteau papillon) est une arme de kali, d’eskrima et d’arnis, réputée philippine, dont les origines restent floues (cf le Pied Du Roy français au XVIIIe siècle, les couteaux papillons dans les tranchées de la WW1, etc.). Quarante ans après sa vogue, il fait toujours parler de lui, et pas toujours pour de bonnes raisons.
Hollywood, ou comment se fabriquer une mauvaise réputation
Tout commence en 1979 : Lester De Asis, Américain d’origine philippine, fabrique de vrais bons Bali-Song, alors que ceux des Philippines étaient souvent de piètre facture. Son atelier deviendra Benchmade, l’un des géants mondiaux du couteau. Pour lancer la marque, il recrute Jeff Imada, de l’Inosanto Academy, qui écume les salons, publie livres et vidéo, puis, devenu cascadeur à Hollywood, glisse des balisong dans les films d’action. Ça marche… un peu trop. Il fait du balisong une arme super cool et à la mode. Mais trois fois sur quatre, c’est le méchant qui joue avec, et le couteau finit par passer pour l’arme des voyous.
Une loi irrationnelle
Les législateurs adorent l’émotion et le populisme, et le balisong en paie le prix. En Californie, il est assimilé à un « switchblade » depuis 1989, avec des conséquences pénales parfois aussi lourdes que pour une arme à feu.
En France, le balisong est passé en catégorie D-a le 7 juillet 2025 : vente réservée aux professionnels autorisés, revente entre particuliers interdite. La raison ? Le meurtre d’une surveillante de collège en 2024… commis avec un couteau qui n’était pas un balisong. Il ne peut s’agir que d’un imaginaire délirant de législateur ou d’un choix démagogique : sacrifier quelques couteaux pour montrer que l’on réagit à un fait divers. Irrationnel et stupide.
Aucune arme n’est responsable de son usage. Croire qu’un balisong est plus dangereux qu’un autre couteau, c’est de l’hoplophobie. Et l’hoplophobie c’est dogmatique et liberticide.
De l’arme au jeu
Dans les années 80-90, les techniques restaient martiales : ouvertures rapides, pensées pour éviter de se blesser et de lâcher le couteau. Puis sont arrivés les tricks, les lames aiguisées remplacées par des lames non tranchantes, et les « chaplin ». Mais le balisong reste fun et il faut le défendre.
En 2000, j’avais écrit le 1er et principal livre en français sur le sujet.

En 2026, j’ai remis le livre au goût du jour en vidéo, sur Youtube :


